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  • Laurie Belhumeur

Violente ironie

Dernière mise à jour : 19 janv.

Un sale caractère, ouaip. Caché sous une dizaine de couches de couvertes pis sous une bonne dose d’ironie et de nonchalance. Ouaip. Du moi tout craché cette affaire-là. Tu me regardes aller pis tu pourrais penser que y a jamais rien qui me dérange, que tout me coule sur le dos, comme les gouttes qui perlent et qui glissent sur un parapluie.


Bah non. Y se trouve que je t’ai un de ses sales caractères comme t’en a jamais vu. T’sais, le genre que t’as juste envie de te sauver en courant quand tu le vois entrer dans une pièce. Mais j’ai appris à le cacher. J’ai appris à pas laisser paraître rien quand y a de quoi qui me fait sortir de mes gonds, quand y a de quoi qui me donne juste envie de fesser sur tout ce qui bouge pis de gueuler mon indignation pis ma frustration. Y a des fois où tu peux le voir mon gros criss de caractère. Tu peux le voir quand c’est la goutte de trop qui a été versé, quand c’est la phrase un peu trop fendante qui a été dite.


Là, à ce moment ben précis, la vaisselle revole dans tous les sens, les tasses à café éclatent, les miroirs sur mon passage sont fracassés. Y a juste un trop plein. Dans ce temps-là, c’est pas beau. Les trous dans les murs s’additionnent, mes jointures enflent pis j’ai des larmes de colère qui arrêtent pas de couler. Je deviens une autre personne. Ou peut-être que dans le fond, je deviens moi. Les couches de patience prennent le bord, la diplomatie devient un mot inexistant pis si t’as le malheur d’être sur mon chemin à ce moment-là, ben je suis désolé, mais tu vas y passer. N’importe qui devient ma cible pis je vais juste te dire de sacrer ton camp si je suis pas encore trop dans les bleus.


Si je suis rendu au stade où j’ai pu de contact avec la réalité, tant pis, tu vas juste être témoin de mes excès de colère. Y a des fois où les portes d’armoires de l’appartement finissent arrachées.


Une fois que mon ouragan intérieur est passé, je peux juste constater l’ampleur des dégâts, pis me dire que ça fait d’autres réparations à ajouter sur ma liste déjà longue de réparations…


Mon sale caractère, y se cache un peu partout. Je sais jamais trop d’où y va sortir. Des fois y sort sans s’annoncer pis d’autres fois je le sens venir dans le fond de la gorge. Parfois même dans le fond de mes tripes. Habituellement, quand j’ai eu le temps de le sentir au fond des tripes, y est déjà trop tard. Le mal est déjà fait pis je suis au bord de l’explosion.


J’en viens à avoir les mains qui tremblent et les larmes de rage qui me coulent aux yeux. Dans ces rares moments de plein ressenti de colère, je me sens pleinement vivant. C’est comme si toutes les moindres cellules de mon corps s’activaient pour me montrer qu'elles sont belles et bien là, brûlantes d’énergie et bouillantes. Prêtes à exploser et à me montrer leur force à tous moments.


En écrivant ces lignes, mes yeux s’embrouillent de plus en plus. Je sens mes mains se crisper et prêtes à frapper. Ma gorge peut plus contenir la quantité d’insurgions qui y dort. Vous allez devoir m’excuser, si je reste plus longtemps devant mon ordinateur, je sens que ce dernier va revoler à l’autre bout de la pièce.


Sur ce, je dois sortir en vitesse de chez moi et aller m’isoler dans le boisé derrière chez moi. Là, je diminue le risque de déferler ma rage sur un pur inconnu. Là, au moins, je serai le seul individu que je mets à risque de blesser par un coup de poing ou par une colère hurlée sans retenue.


Là, au moins, je pourrai gueuler et extérioriser librement et avec violence mon indignation envers la violence humaine…


Quelle ironie.

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